Dilemme d’éthique moral : Une guerre juste est-elle possible?
Les guerres ont toutes sortes de prétextes, mais n'ont jamais qu'une cause : l'armée. Ôtez l'armée, vous ôtez la guerre.
Victor Hugo
Actes et paroles
Je connais maintenant la définition de la guerre : la guerre, c'est la mort des autres. On ne la laisse durer que parce que ce sont les autres qui la font et qui en meurent.
Jean Guéhenno
La mort des autres
Depuis les origines de la civilisation occidentale, la guerre a toujours fait partie intégrante de la vie des citoyens. Autant chez les Grecs, les Romains, les saintes guerres, les guerres coloniales puis les guerres de libération, elle a fait partie intégrale de notre histoire. De plus, la guerre se retrouvait aussi chez plusieurs civilisation non-occidentales, tels les Mongols, les Chinois, les Germaniques, les Aztèques, les Mayas, les Égyptiens, les Perses et beaucoup, beaucoup d’autres. Mais, y’a-t-il une de ces nombreuses guerres qui était juste, ou étaient-elle toutes des œuvres issues de l’impérialisme? Il faut premièrement définir « Qu’est-ce qu’une guerre juste ? ». Une guerre juste serait une guerre non menée à des fins impérialistes ou colonialistes. Ce ne serait pas une guerre d’oppression et une guerre basée sur des intérêts économiques. De plus, dans une guerre juste, les deux forces en affront auraient des effectifs similaires, aucune n’exercerait un rapport de force sur l’autre de quelque façon que ce soit. Il y a un problème à savoir si une guerre peut être justifiée ou non car tout cela dépend de plusieurs facteurs. Premièrement, l’idéologie de chaque personne lui donne une idée différente de la guerre. Ensuite, il faut regarder si les motifs officiels avancés par l’état pour mener cette guerre sont fondés. Par exemple, lors de l’invasion en Irak, les États-Unis ont justifiés leur invasion en disant que l’Irak détenait des armes de destruction massives, ce qui s’est avéré complètement faux. La guerre impérialiste menace grandement les civils, femmes hommes et enfants compris. La guerre, sous de motifs de libération des femmes (comme en Afghanistan par exemple) ne reste que du colonialisme. Si on peut se fier à l’histoire, on peut voir que dans les années 80 s’était installé un régime marxiste-léniniste en Afghanistan, qui prônait l’émancipation des femmes, la scolarité obligatoire et gratuite et une foule d’autres avantages sociaux. Cependant, étant rapproché avec l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (U.R.S. S.), ce régime ne plaisait pas du tout aux américains, qui financèrent les Moudjahidins (communément appelés combattants de la liberté), ultraconservateurs, et par la suite les talibans, qui prirent le pouvoir et enlevèrent tous les droits aux femmes, les obligeants à se vêtir de la Burka. De nos jours, les américains justifient cette guerre comme la « libération des femmes Afghanes ». On peut donc voir que les « valeurs » changent étrangement vite dépendamment du contexte géopolitique. Il est donc important de distinguer les guerres « justes » des guerres « impérialistes » et coloniales.
Position 1 :
Voici une des positions, plus communes, devant la guerre. Certains gens croient qu’une guerre peut être juste. Plusieurs facteurs peuvent justifier cette pensée. Premièrement, si nous faisons une guerre dans le but d’aider un peuple étranger à se libérer d’envahisseurs étrangers, ce ne peut qu’être juste car nous venons en aide à une population incapable de se défendre. Nous aidons les femmes et les enfants de ces populations car ce sont les majeures victimes des viols de guerres perpétués par les envahisseurs. En tant que puissance mondiale, c’est notre « devoir » et notre « obligation » d’y aller, au nom du bien commun. De toute façon, la guerre a toujours été présente depuis le début de l’humanité. Une guerre est aussi juste si elle est nous protège d’un ennemi. Par exemple, si nous nous faisons attaquer et que nous nous défendons, c’est tout à fait légitime. Sans armée, nous ne pourrions jamais nous protéger des envahisseurs. Lorsqu’un groupe d’individus ou un peuple brime les droits fondamentaux d’un autre peuple, il est nécessaire d’appuyer le groupe brimé dans ses droits.
Position 2 :
Les partisans de la deuxième position se font plus rares. Une guerre ne peut pas être juste, car dans toute guerre, il y a toujours un groupe qui souffre de celle-ci. Une guerre impérialiste n’a rien à voir avec les intérêts de la population concernée. Trop souvent les occidentaux sont partis en guerre au nom de la liberté, alors que ces guerres ne servaient qu’à soit : désarmer une puissance en devenir, étendre l’idéologie dominante, coloniser ou asservir une population. Le concept de guerre juste est totalement erronée, excepté si cette « guerre » n’a rien de violent, d’armée, d’impérialiste et de colonialisme, et si la guerre rencontre tous ces critères, ce n’est plus une guerre, c’est de l’aide humanitaire. Tant qu’à questionner les guerres, pourquoi ne pas questionner le fait de posséder une armée? Beaucoup de sociétés ont vécu ou vivent encore sans armée, et cela ne fait pas d’eux des victimes des puissances étrangères pour autant. Une guerre pourrait, d’une façon, être juste, si elle est souhaitée par la population vivant à l’endroit où elle à lieu. (Par exemple, si les Afghan demandaient haut et fort qu’ils voulaient notre aide, ce qui n’est pas le cas.)
Valeurs pour le concept de guerre juste :
Les gens qui appuient le concept de guerre juste se fient notamment à des valeurs vitales, telles que la santé et la sécurité des « victimes ». De plus, les motifs derrière la guerre peuvent avoir une valeur monétaire, c’est-à-dire de richesse. En protégeant un pays possédant de multiples richesses naturelles, vous lui créez une sorte de dette envers vous, et il devra vous vendre ses ressources à bas prix. Une guerre, pour bien la vendre à la population, doit renfermer des valeurs esthétiques. C’est-à-dire, montrer de beaux et courageux soldats, fusil à la main, saluant le drapeau Canadien (ou Américain). Ces valeurs de beauté et de bravoure sont très vendeuses. Une autre valeur pouvant motiver les « pro-guerre » est la valeur « religieuse ». En effet, au sein de la civilisation occidentale, nous héritons du prosélytisme de la religion judéo-chrétienne, et il y a toujours une brebis égarée à ramener dans la bonne direction, c’est-à-dire vers le catholicisme.
Valeurs contre le concept de guerre juste :
À l’instar des pro-guerres, les anti-guerres, ou les gens contre le concept de guerre juste luttent aussi pour des valeurs vitales, telles que la santé et le droit à la vie. Ils croient qu’une guerre tue et blesse beaucoup plus de « dommages collatéraux » que d’ennemis réels. Les opposants à la guerre détiennent aussi des valeurs d’harmonie avec les autres et avec soi-même. En effet, ils croient que de « libérer » un pays en l’occupant militairement détruit grandement l’harmonie au sein de ce pays et chez tous les peuples qui y habitent. Ensuite, les tenants du pacifisme s’expliqueront en disant souhaiter préserver les valeurs intellectuelles de la société « ennemie ». Par exemple, la culture, l’instruction, l’accomplissement et le plus important, la vérité. La vérité n’est pas possible dans un conflit armé, selon les pacifistes. Une autre très bonne valeur ancrée chez les pacifistes est la notion d’égalité. En effet, pour eux, prôner un discours égalitaire, tout en réduisant au silence les nations résistantes est un double message. Cette valeur est en lien étroit avec la quête de vérité. La justice est une autre valeur chez les pacifistes, bien que les pro-guerres l’exhibent beaucoup plus. La justice empêche tout groupe ou nation de violer les droits fondamentaux de quiconque. (Ce qui n’est pas la justice des pro-guerres) Intégrité, respect et liberté sont toutes trois des valeurs primordiales chez les anti-guerres. Comment prôner la liberté, l’intégrité et le respect en tuant des civils par milliers et en violant des femmes? Finalement, la dernière valeur et selon moi, la plus importante pour les pacifiste est la solidarité. La solidarité se résume à ne pas laisser des atrocités se commettre devant nos yeux, où de l’autre côté de l’océan. La solidarité, c’est s’opposer aux guerres, pour les pacifistes.
Prise de position :
Tout comme le texte le laisse présumer, je suis clairement anti-guerre. Je ne crois pas qu’une guerre peut être juste et respecter des valeurs d’égalité, de solidarité et de respect. Comme expliqué au début, une guerre juste doit être « voulue » et « acceptée » par la nation envahie. Sinon, cela se résume à de l’impérialisme et à du simple prosélytisme. Les gens qui adhèrent à la première position, c’est-à-dire, qui croient à la possibilité d’une guerre juste sont tout à fait justifiables, car en vérité cela leur provient tout droit de leur héritage occidental de colonisateur et d’impérialiste. Croire aider les femmes et les enfants (Regardez! Nous mettons la femme dans le même « panier » que l’enfant, afin de l’infantiliser et de la rendre vulnérable) en leur livrant une guerre est assez paradoxal, considérant que l’occident se fout très bien de la condition féminine. De plus, nous ne faisons que « radicaliser » les gens que nous cherchons à détruire. Si ces gens résistent contre nous, nous les traitons automatiquement de terroristes, ce qui légitimise leur annihilation. Je ne suis pas en train de défendre lesdits terroristes, mais je crois que les extrêmes se renforcent par l’oppression. Toute résistance est une lutte contre l’oppression, et l’histoire a toujours été une histoire de rapport oppresseur-oppressé. Je suis donc contre la guerre et je ne crois pas qu’une guerre juste puisse exister.

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